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OMBRES, LUMIÈRES I

Nel mezzo del cammin' di nostra vita

2:44 -2019

Ombres, Lumières est une suite de deux vidéos inspirées, l’une par L’Enfer de Dante, l’autre par L’Évangile selon Saint Mathieu ; poèmes visuels et peintures en mouvement doucement mélancoliques, elles mêlent silences et invites sonores.

Dans chacune, sont donnés à voir des jeux de lumière : dans la première, Nel mezzo del cammin di nostra vita, alternent lumières du matin et lumières du soir ; dans la seconde, La lucerna del corpo è l’occhio, la lumière électrique anime la nuit. Dante exprime dans ces quelques vers un état intérieur, celui de la perte de toute certitude et de tout espoir dans les choses de la vie, alors que, à ce moment de son existence, le chemin lumineux, vital, qu’il suivait jusqu’alors s’efface et qu’il s’égare dans une sorte d’obscurité mentale. Le passage des Évangiles est plus énigmatique. S’il s’agit probablement d’indiquer la pureté de l’âme, il est ici interprété sur le même ton que le passage de Dante, comme une évocation de la mélancolie.

Nel mezzo del cammin di nostra vita est une vidéo contemplative, faite de visions alternant le flou et le net, où des objets et des formes tangibles apparaissent puis s’effacent pour devenir ombres d’eux-mêmes. Le traitement des ombres, ainsi que des formes lumineuses que la lumière découpe sur les fonds, celui des sons du vent, du souffle, d’une musique à peine audible, qui vient et va, l’effet d’immatérialité ainsi obtenu, proposent une interprétation de l’enfer de Dante sollicitant également les représentations grecques des enfers. 

 

Nel mezzo del cammin di nostra vita,

Mi ritrovai per una selva oscura,

Ché la diritta via era smarrita.

 

Ai quanto a dir quale era è cosa dura,

Esta selva selvaggia e aspra e forte,

Che nel pensier rinova la paura !

 

                        Dante, La divina commedia, Inferno, Canto I

À la moitié du parcours de notre vie,

Je me retrouvais dans une forêt obscure,

Ayant perdu le droit chemin.

 

Ah qu’il serait dur de dire,

Combien cette forêt sauvage, et âpre, et forte,

Renouvelle en moi la peur !

 

                        Dante, La divine comédie, Enfer, Chant I

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