OMBRES, LUMIÈRES II
La lucerna del corpo è l'occhio
3:15 -2019
Ombres, Lumières est une suite de deux vidéos inspirées, l’une par L’Enfer de Dante, l’autre par L’Évangile selon Saint Mathieu ; poèmes visuels et peintures en mouvement doucement mélancoliques, elles mêlent silences et invites sonores.
Dans chacune, sont donnés à voir des jeux de lumière : dans la première, Nel mezzo del cammin di nostra vita, alternent lumières du matin et lumières du soir ; dans la seconde, La lucerna del corpo è l’occhio, la lumière électrique anime la nuit. Dante exprime dans ces quelques vers un état intérieur, celui de la perte de toute certitude et de tout espoir dans les choses de la vie, alors que, à ce moment de son existence, le chemin lumineux, vital, qu’il suivait jusqu’alors s’efface et qu’il s’égare dans une sorte d’obscurité mentale. Le passage des Évangiles est plus énigmatique. S’il s’agit probablement d’indiquer la pureté de l’âme, il est ici interprété sur le même ton que le passage de Dante, comme une évocation de la mélancolie.
La lucerna del corpo è l’occhio est un voyage dans la nuit noire hivernale, éclairée par les seules lueurs fragiles et clignotantes des guirlandes de Noël, ces loupiottes qui, à cette époque de l’année, éclairent les songes des Hommes, ou par les phares des voitures. Le travail sur la lumière, tout en créant un jeu complexe de variations chromatiques, fait écho à certaines images évoquées dans le texte : des points lumineux palpitent, semblables à des flammes prises au piège des pupilles qui les fixent.
La lucerna del corpo è l’occhio,
Quando il tuo corpo è puro, tutto il tuo corpo sarà lucente ;
Ma quando il tuo occhio è torbido,
Tutto il tuo corpo sarà nel buio.
Se dunque il lume che è in te si fa tenebra,
Quanta la tenebra !
Il Vangelo secondo Matteo, VI, 22
L’œil est la lampe du corps,
Quand ton œil est pur, tout ton corps est lumineux,
Mais quand ton œil est trouble,
Tout ton corps est dans l’obscurité.
Si donc la lueur qui est en toi devient ténèbres,
Combien grandes sont ces tenèbres !
L’Evangile selon Saint Mathieu, VI, 22